Schelby Jean-Baptiste, une comédienne qui n’a peur de rien [Girl crush 097]

Crédit photo: Gabryela Vogua Schelby Jean-Baptiste, une comédienne qui n’a peur de rien [Girl crush 097]


La comédienne québécoise d’origine haïtienne Schelby Jean-Baptiste a tous les talents nécessaires pour réussir dans l’industrie de la télé et du cinéma québécois. Haut de ses 5p8, cette actrice talentueuse et pleine d’énergie a un magnifique visage et ce petit je-ne-sais-quoi dans le regard qui attire l’attention. J’ai rarement vu une jeune femme aussi motivée et déterminée qu’elle! Justement, pour souligner son travail, elle a été en nomination au Gala du cinéma québécois dans la catégorie meilleure actrice de soutien pour son rôle dans le film québécois Scratch.

Pour mieux la connaitre, j'ai décidé de poser quelques questions à cette jeune femme intelligente et passionnée de la vie.
 


Photo // Gabryela Vogua - MUA // Lisa-Marie Charron - Source

Tu as commencé comme mannequin et par la suite tu as fait la transition vers le métier d'actrice, qu'est-ce qui t’a motivé à faire ce changement?
 
C’est assez drôle, plusieurs pensent cela, mais je n’ai pas commencé par le mannequinat. Je fais du théâtre depuis que j’ai 15 ans. Je n’avais juste pas encore percé dans le milieu. J’ai toujours voulu être actrice. L’opportunité de rentrer dans le milieu du mannequinat s’est naturellement présentée à moi puisque je réponds à certains « critères », mais ça n’a jamais été mon rêve de devenir mannequin. J’ai beaucoup aimé mon expérience, mais le métier de comédienne est et sera toujours mon premier choix, jusqu’à ce qu’une autre passion se présente à moi. Pour le moment ça reste mon choix numéro un.
 
À quel moment as-tu su que le métier d’actrice était ta vocation?
 
À 12 ans. Pour célébrer la fin de notre primaire, les professeurs ont décidé de monter une pièce de théâtre musicale. J’étais toute excitée! Nous avions le choix d’être acteurs, chanteurs ou danseurs. J’aimais animer la foule et faire des blagues, j’ai donc tout de suite appliqué pour être actrice. Je n’ai malheureusement pas eu le rôle principal. 

Ensuite, j’ai auditionné pour le rôle beaucoup moins populaire de la sorcière! Je me suis dit que tant qu’à jouer le rôle que personne ne voulait, il fallait bien le faire. Je me suis donnée à fond et je l’ai eu (rire)! C’était spécial, mais j’ai tellement aimé jouer ce personnage. Je crois que c’est l’idée de pouvoir être quelqu’un que tu n’es pas, l’espace d’un petit instant, qui m’a amené à vouloir faire carrière dans ce domaine. 

Je vois quelque chose de très spirituel lorsque j’incarne un personnage. À travers le temps et mes rôles, j’ai plus de compassion pour le monde, puisque je peux facilement me mettre à leur place et ainsi mieux les comprendre.
 


Photo // Gabryela Vogua - MUA // Lisa-Marie Charron - Source 

On sait que le métier d’actrice n’est pas facile, plusieurs d’appelés, mais peu d’élus. Quel a été ton plus grand défi jusqu'à présent?
 
Être actrice (rire)! C’est tellement un métier ingrat. Tu te donnes à fond en prenant des formations et en passant plusieurs auditions, et ce, sans savoir si tu finiras par avoir un rôle ou réussir carrière dans ce milieu. Ça demande beaucoup d’écoute et de confiance en soi, de persévérance et de lâcher-prise, sinon tu finis par être déprimé de te faire dire non constamment. C’est l’un des plus beaux métiers, mais également l’un des plus difficiles. Je pense que la passion que nous avons pour ce métier nous aide à passer à travers les moments plus difficiles, mais ce n’est vraiment pas évident. Je me sens tout de même très bénie d’avoir le parcours que j’ai à un si jeune âge.

Quel type de rôle aimes-tu jouer?
 
J’aime les rôles qui me font réfléchir, qui m’amènent à me poser des questions et à voir la vie différemment. Je fais ce métier, en partie, pour ça. À la fin de ma vie, j’aurai eu différentes manières de penser et de percevoir la vie, les situations et les gens. Ce métier me rend plus ouverte au monde et aux situations et je suis beaucoup plus tolérante qu’avant. J’aime aussi les rôles qui sont loin de qui je suis. Je m’amuse vraiment lorsque ça arrive (rire)! J’aime les rôles qui finissent par avoir une influence positive dans la vie des personnes qui auront vu l'œuvre... ou du moins qui poussent les gens à réfléchir. C’est une force qu’a le milieu des arts. Le pouvoir d’amener les gens à avoir une autre perception de la vie et de ce qui se passe dans le monde... les informer... ah tellement de choses à dire là-dessus! Restons-en là pour le moment, sinon on va continuer à en parler pendant des heures (rire). Tu as un maximum de mots exigés pour l’entrevue non? (rire)


Photo // Gabryela Vogua - MUA // Lisa-Marie Charron - Source

 
En 2015, tu as joué le rôle de Wendy dans le film Scratch, comment est-ce que tu as trouvé l'expérience? Est-ce que c'était un rôle difficile à jouer?
 
J’ai vraiment adoré mon expérience! Je travaillais avec une équipe incroyable et le réalisateur était tellement à l’écoute! Je l’ai trouvé très audacieux avec ce qu’il a voulu faire. C’était difficile dans la mesure où c’est un rôle tellement, mais tellement loin de moi. Le milieu de la prostitution m’a toujours intrigué. Je me suis toujours demandé qu’est-ce qui poussait une femme à faire ça? C’est quand même le plus vieux métier au monde. Ce n’était pas toujours évident, car il fallait vraiment avoir une ouverture d’esprit et se détacher de tout jugement. 

C’est assez drôle, mais ce rôle m’a beaucoup appris sur la femme. Nous sommes vraiment toutes différentes et il faut savoir respecter ça et essayer de comprendre, même si des fois ce n’est pas facile. J'ai également eu l’une des meilleurs coachs et comédiennes que j’ai eu la chance d’avoir, Sonadie San, qui m’a vraiment poussé à me surpasser et à lâcher prise. Je me suis vraiment abandonné et j’ai eu beaucoup de plaisir grâce à sa manière de me coacher.
 

Plus tôt cette année, il y a eu un dans les médias un débat autour du manque de diversité à la télé québécoise? Quelle est ton opinion par rapport à ce sujet?
 
C’est un fait. Oui, il y a un manque, mais il faut savoir surmonter ça et chercher des solutions. La solution est, sans aucun doute, l’implication dans le milieu artistique de personnes provenant de différentes cultures. J’ai la chance d’avoir comme mentor Sophie Prégent, une femme très importante dans ma vie, inspirante et également présidente de l’UDA. Elle travaille très fort pour que tout ça finisse par changer. Pour qu’il y ait un réel changement, il va falloir avoir des producteurs, réalisateurs, scénaristes et autres acteurs provenant de la diversité. Il faut également arriver avec de bons projets bien développés et ayant une touche authentique qui donnent le goût de s’embarquer!

 


Photo // Dino Rovolis - Stylist // Michael Fanfan - MUA // Kimia Lavassini - Source

 
Quelle est la réalisation dont tu es le plus fier jusqu'à présent?
 
Ma nomination au gala du cinéma québécois! Lorsque je l’ai appris, j’avais réellement de la difficulté à y croire. Ç’a été l’un des plus beaux moments de ma vie. Je me suis dit, ça y est Schelby, tu es vraiment dans la bonne branche, arrête de toujours de te remettre en question! Même la vie t’envoie comme message que tu as bel et bien ta place dans ce milieu. Ça représente pour moi toutes ces années de préparation et de persévérance.
 

Parlant de ta nomination, comment était ton expérience? C’est quand même ta première nomination? Es-tu déçue de ne pas avoir remporté le prix?
 
Ce fût une très belle expérience et je suis très reconnaissante et émue d’avoir été sélectionné! C’était quand même mon premier film! J’ai eu la chance de rencontrer et discuter avec plusieurs personnes du milieu. J’étais encore plus heureuse, car j’étais en nomination avec l’un de mes amis, Irdens Exantus, sélectionné en tant que meilleur acteur de soutien pour son rôle dans Guibord s’en va-t-en guerre et il a remporté le prix! 

Le simple fait d’être en nomination c’était beaucoup pour moi. J’étais dans la même catégorie que plusieurs grandes actrices québécoises! Ma seule déception c’est de ne pas avoir partagé mon discours. Il était vraiment bon et beau (rire) et ça concernait tout le monde, ce n’était pas simplement des remerciements. Sinon, j’ai bien hâte de revivre un moment comme ça. D’ici là, on continue à travailler fort!
 


Photo // Jules Bédard - Styliste // Michael Fanfan - MUA // Amanda Begonia - Source

 
Est-ce que tu penses un jour faire la transition derrière la caméra?
 
Oui, j’aimerais bien. Une chose à la fois, mais ça fait définitivement partie de mon plan d’avenir, si je peux me permettre de dire ça! Nous n’avons malheureusement pas le contrôle sur ça.  À dire vrai, je le fais déjà un peu à travers un projet sur lequel je travaille présentement, Persona Victus.
 

Quels sont tes objectifs pour 2016?
 
Continuer d’être heureuse, d’inspirer et de propager l’espoir, l’amour, la paix et la joie autour de moi. J’aimerais aussi continuer à accomplir de belles choses que ce soit à travers des rôles ou des projets. J’aimerais tout simplement continuer à vivre mon plein potentiel! Le reste je laisse ça à Dieu ou à l’Univers pour les moins spirituels (rire)!

Vous pouvez suivre Schelby sur Instagram.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES