Cela fait déjà plusieurs années que je suis le travail de Sarah Babineau aka @kara_bino sur les réseaux sociaux. La jeune femme de 24 ans et originaire de Montréal réalise de magnifiques photos de ses amis, ses voyages et ses spots préférés. J'adore son travail et j'avoue avoir un petit crush sur elle. J'ai décidé de lui poser quelques questions pour en apprendre mieux sur elle et son travail.

Tu es une « content creator » pour Oatbox, une compagnie montréalaise qui offre de délicieux déjeuners santé, peux-tu nous expliquer un peu en quoi consiste ton poste?
Mon rôle au sein d’Oatbox a évolué au même rythme que le milieu des réseaux sociaux je dirais. 
J’ai d’abord commencé en créant du contenu photo chaque semaine pour la compagnie et, finalement, j’ai trouvé une plus grande place dans l’équipe et je dirais que mon travail s’est étendu à d’autres tâches avec le temps. Je continue toujours de créer du contenu photographique pour le compte Instagram, mais également pour le blogue et je participe aussi aux stratégies médiatiques. J’ai participé à la mise sur pied d’une activation nommée le Silver Spoon Collective et j’entretiens des liens privilégiés avec certains influenceurs de Montréal. Je dirais que j’aime Oatbox d’un amour un peu plus grand que nature, ce qui fait de moi plus qu’une créatrice de contenu, mais aussi une véritable ambassadrice de marque.
 

Comment as-tu commencé la photographie ?
Inversement à bien des gens, j’ai débuté avec un appareil argentique et j’avais une peur bleue de toucher à un appareil numérique. Le film donne un caractère aux photos, qu’elles soient impeccablement réussies ou non et je trouvais là un sentiment de confort. Il y a aussi une part d’amusement et de merveille dans le fait de ne pas voir ses photos à la seconde où on les a prises. Une hâte grandissante que l’on retrouve moins lorsqu’on travaille avec le numérique. Malgré tout, j’ai fait le saut un jour avant mon départ pour Bordeaux et je me suis procuré un appareil numérique. Mon travail a beaucoup évolué depuis. Par contre, j’essaie de revenir le plus souvent possible vers l’argentique pour ne pas oublier ce pour quoi j’ai commencé la photo au départ. Pour noter les petites choses et les petits moments autour de moi ; sans prétention, sans vouloir prouver quoi que ce soit, simplement être dans le moment présent et ne pas penser au traitement ni à la finalité du résultat. 

Qu’est-ce que tu aimes dans cet art et quel type de photos préfères-tu faire ?
J’aime pouvoir témoigner de la vision de chaque personne qui se cache derrière un appareil. C’est une incartade dans leur petit monde et c’est une façon de s’exprimer qui ne se démode pas. 
Chaque photographe que j’admire a une couleur bien à lui, qui apporte un peu de beau dans ce monde. Pour ma part, dans les dernières années, mon travail s’est orienté vers un style de photos food/lifestyle en raison de mon emploi ou des situations dans lesquelles j’ai eu la chance de créer et m’amuser. Bien que je ne crois pas encore avoir fait le tour de ce style et que j’aie l’impression d’en apprendre plus chaque jour, le type de photos que je préfère faire reste les photos à la volée pendant les vacances avec les amis. Quand on vient à pratiquer ce métier pour payer le loyer, des fois on marche sur des chemins plus tracés et les voyages, justement, m’ont toujours permis de sortir des limites (que j’instaure parfois moi-même) et de revenir à une prise de photos plus viscérale et instinctive. 
 

Quel appareil utilises-tu le plus ? Ton téléphone ou un vrai appareil ?
Je jongle énormément entre mes trois appareils. Je me promène le plus souvent avec tout mon attirail : mon reflex, mon 35 mm et mon iPhone. Chaque appareil a ses pour et ses contre pour finalement être la clé unique de certaines situations, selon moi. Pour Instagram, je priorise mon iPhone de par la nature de la plateforme et de par le fait que j’essaie toujours de transposer des petits moments de mon quotidien et le iPhone est parfait pour capter ça ! 

Comment décrirais-tu le type de travailleuse que tu es ?
Je suis une femme de contradiction. Je ne m’attends pas à l’être moins dans mon travail. 
J’aime travailler dans l’action et les rush comme j’adore pouvoir prendre mon temps et étudier les situations dans lesquelles je me trouve. Je suis résonnée, mais je parle toujours avec passion. Au final je dirais que je suis pas mal humaine et que j’adore ce que je fais et que c’est ce qui me donne envie de toujours chercher un peu plus loin. Je voudrais être partout à la fois et j’apprends un peu plus chaque jour à m’organiser pour arriver à mener tous mes projets d’une main de maître ! Je me suis rendue où je suis aujourd’hui, car j’ai toujours su donner mon 100 % quand c’était le temps, mais aussi m’écouter et délaisser un chemin professionnel qui ne convenait pas à mes valeurs. Dans le cadre de mon emploi chez Oatbox, on me laisse énormément de liberté tout en me guidant de manière très saine vers les objectifs de la compagnie. Je pense que cette façon de travailler a beaucoup forgé ma personne et je dirais que je n’ai pas peur de tenter de nouvelles choses. J’apprends à me faire confiance et à débattre de mes idées, puisque j’évolue dans un climat approprié. C’est un des plus beaux cadeaux qu’on peut faire à ses employés, je crois. 
 

À quoi ressemble ton espace de travail ?
Quand je travaille au bureau je m’installe toujours dans la salle de conférence vitrée (qu’on appelle affectueusement l’aquarium) en compagnie, la plupart du temps, de la coordo aux communications, la chef et styliste d’Oatbox et notre designer graphique. J’aime travailler en relation étroite avec d’autres personnes pour pouvoir profiter de leur énergie et de leurs idées, et je crois que je leur rends bien. On est une belle équipe et ça m’apporte beaucoup que de pouvoir échanger avec elles dans le cadre de mon travail. 

Autrement, les cafés de Montréal sont aussi mes espaces de travail préférés  ; je choisis toujours les plus lumineux et les plus accueillants. Par contre, mon QG est assurément le Café Ferlucci dans Villeray. Les propriétaires sont deux jeunes entrepreneurs qui opèrent l’endroit avec plaisir et dévouement. Ils ont toujours un sourire et des histoires à raconter, mais surtout le meilleur café en ville. C’est vraiment mon bureau loin du bureau.

Selon toi, qu’est-ce qui fait une bonne photo sur Instagram et combien de temps ça te prend en éditer une avant publication ?
Je ne pense pas qu’il y ait de recette miracle. J’ai souvent perdu de l’énergie à analyser mes stats pour comprendre ce que les gens aimaient voir sur mon profil, mais je réalise que c’est vraiment ce que moi j’aime publier qui compte. Chaque personne que je suis dans le milieu a son contenu signature et c’est peut-être ça le plus important : trouver son style et avoir du plaisir. Ça sonne donc bin cliché, mais c’est vraiment ma vision de ce média maintenant, à titre personnel. Pour Oatbox, c’est une autre histoire ! 

Pour ma part, j’édite rapidement avec mon filtre fétiche et je connais mes modifs par cœur. C’est plus quand vient le temps de décider de l’ensemble de ma galerie que je mets plus de temps ou encore pour écrire les citations sous les photos ; alors là, on n’est pas sortis du bois! 
 

Quel a été ton shooting, ton projet ou ton expérience photo la plus marquante ?
Je pense que de monter toute l’activation média du Silver Spoon Collective avec l’équipe d’Oatbox fut vraiment un moment marquant pour moi. La deuxième édition à la Maison Lavande, pour être plus précise. Rassembler autant de gens inspirants dans un décor créé de toutes pièces avec l’équipe, c’était vraiment comme un rêve Pinterest concrétisé devant mes yeux. (I cried some Pinterest tears too.)

J’ai eu le kodak à la main tout au long du brunch et j’ai passé des heures à regarder le résultat chez moi, et je pense que c’est pour ça aussi qu’on a monté cet évènement  : pour vivre et partager des moments un peu plus grands que nature. 

Autrement, j’ai commencé la photo de façon plus sérieuse avec une de mes bonnes amies Julia Lamarque (qui est maintenant modèle chez Scoop). J’ai donc un fort sentiment d’attachement chaque fois que je regarde nos premiers shoots que l’on a faits lors d’un weekend à la mer. C’est comme un premier amour, on y revient toujours un peu. 
 

Avec 30 K abonnés sur Instagram, on peut aussi dire que tu es une « influenceuse ». Aurais-tu des conseils à quelqu’un qui aimerait percer dans ce milieu ?
J’ai toujours de la misère à m’étiqueter comme une influenceuse. Il y a pas mal de monde avec un plus gros « following » que moi dans la communauté Instagram, mais ça me fait plaisir de savoir que je peux inspirer quelques personnes. Sachant que j’ai une petite tribune, j’essaie de faire des choix économiques qui prônent l’achat local et ainsi faire rayonner mes artisans préférés ou encore des compagnies qui ont des valeurs similaires aux miennes.

Pour ce qui est de donner des conseils, j’en reviens toujours au fait qu’il n’y a pas d’équation pour y arriver. Pour ma part, Instagram a toujours été ma plateforme préférée depuis que je l’ai découverte parce que je pouvais y afficher mon travail, mais aussi facilement découvrir des petites entreprises d’ici et partager mes découvertes avec mes abonnés. Que ce soit mes bonnes adresses ou des artisans dont j’aime le travail et ce partage-là est venu s’imbriquer dans mon contenu naturellement. J’imagine que ce créneau parle à une certaine niche qui cherche des références et ça m’a surement aidée. Je porte aussi une grande attention à la qualité de mon contenu et des images que je partage !

Au final, je pense que le cœur de ce « métier »  c’est avant tout d’avoir une passion et d’avoir l’envie de partager cette dite passion et non pas de vouloir briller à tout prix. 
 

Trois lieux dans lesquels on risque de te croiser ?
(Outre mon QG le Ferlucci) 
• Au Larry’s, pour les lunchs délicieux 
• Au Harricana, les soirs d’étés après les matchs de Kick Ball (oui on joue dans une ligue, lol) 
• Au marché Jean-Talon les weekends, à goûter toutes les tomates de chaque stand comme une rushante. 

Qu’est-ce qui t’inspire dans la vie ?
Ma vie n’est pas bin bin rock and roll, mais je dirais que, as cliché as it can get, je m’inspire beaucoup de mes parents et mes amis. De leurs forces et de leur courage. J’essaie de m’entourer de personnes qui ont une fougue transcendante et un caractère qui les portent à travers pas mal tout ce que la vie met sur leur chemin. Voir des gens qu’on aime, porter des projets à bien, je trouve ça pas mal inspirant. C’est un petit privilège d’avoir dans sa vie des amis avec qui on peut partager succès comme angoisses ; je trouve que c’est très régénérateur et les moments partagés m’inspirent aussi beaucoup. 

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
J’ai toujours cherché à répondre à cette question-là, mais j’ai entamé 2017 sans attente et, pour le moment, tout s’enchaîne assez bien. Ça fait un petit bien fou de juste nager dans le même sens que le courant des fois. Je dirais que je me souhaite de continuer à travailler avec des marques d’ici et d’ailleurs qui ont les mêmes valeurs que moi et je me souhaite aussi quelques voyages à travers tout ça pour continuer à me remplir la tête de beau. 

Suivez les aventures de la jolie et inspirante Sarah sur instagram @kara_bino.
 

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Crédit: Jeanne RD

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Crédit: @kara_bino

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Crédit: Jeanne RD

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Crédit: @kara_bino

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Crédit: Anne Sylvestre

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Crédit: Alexis Doyen
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