Jessica Valoise, le parcours d'une artiste passionnée et libre [Girl Crush 126]

Crédit photo: Bob Losty Jessica Valoise, le parcours d'une artiste passionnée et libre [Girl Crush 126]


Jessica Valoise, anciennement appelée Khacijay, est une artiste peintre, photographe, réalisatrice et écrivaine. Originaire d’un petit village de banlieue nord-parisienne, elle a eu le coup de foudre pour Montréal où elle s'y installe en 2013. Depuis, Jessica est constamment en voyage entre la France, le Canada, les États-Unis et partout où un nouveau projet l’appelle, soit pour réaliser un reportage photo, produire une vidéo, écrire un article, peindre ou simplement offrir un atelier sur l’art.

Entre deux voyages, j’ai eu la chance de m’entretenir avec cette artiste globe-trotter qui vient tout juste de publier son livre, Art is the message. Une belle occasion de découvrir le parcours de cette jeune femme inspirante et discuter de son premier opus, un récit de voyage palpitant qui observe comment l’art est perçu à travers le monde, grâce à une simple question : « C’est quoi pour toi l’art? ».
 

Tu es une véritable artiste multidisciplinaire, peintre, photographe et réalisatrice! Comment ton aventure artistique a-t-elle commencé?
J'ai toujours créé des choses visuelles, depuis toute petite. Peinture, sculpture, pyrogravure, graphisme... En 2009, après mes études en psychologie, j'ai décidé de faire une pause d'une ou deux années, et finalement cette pause dure toujours!

À ce moment-là, je personnalisais mes vêtements en peignant dessus. Ma meilleure amie m'a demandé de lui faire un t-shirt, puis ses frères m'en ont demandé, puis les amis de ses frères, puis les amis des amis, etc. Effet boule de neige, très rapidement j'ai eu des clients réguliers. J'ai donc voulu me donner une visibilité, et réaliser des photos pour créer un site internet et être présente sur les réseaux sociaux. C'est comme ça que j'ai commencé la photographie.

Au départ, c'était plutôt une tâche ennuyeuse. Puis, je suis partie en voyage à Amsterdam, et là, je me suis rendu compte que je pouvais capturer ces choses qui m'émerveillent, car je suis souvent dans un état contemplatif d'un peu tout ce qui m'entoure. Et donc, par la suite, j'ai appris le cadrage, l'éclairage, le développement, etc. Ce qui a amené des proches à me demander des photos pour leurs fêtes, puis leurs amis, et ainsi de suite, comme pour la peinture.

Puis, sur ma caméra, il y avait le mode vidéo. Entourée de beaucoup de musiciens, j'ai commencé à filmer leurs séances en studio, faire des petits montages sur iMovie, et il s'est avéré que ce n’était pas trop mal. Comme pour le reste, des proches m'ont demandé des vidéos, puis leurs amis, etc. Puis, en 2013, je suis arrivée à Montréal, j'ai réalisé une vidéo du Bust A Move, je l'ai envoyé à un certain Pierre de Lounge Urbain, qui m'a proposé de faire équipe avec lui. Là, j'ai eu énormément de commissions vidéos qui m'ont permis de progresser rapidement.

Cette année tu peux rajouter le titre d’écrivaine à ton arc! D'où t'est venue l'idée d’écrire un livre?
J'écrivais beaucoup petite, je participais à des concours de poésie, à des ateliers de scrabble, je squattais les bibliothèques... Adolescente, je tenais un blogue qui avait un succès énorme, beaucoup de personnes dans mon entourage et certains professeurs me disaient que plus tard j'écrirais des livres. C'est une idée qui m'a toujours plu étant donné mon amour pour les livres. J'ai commencé à en écrire à l'âge de 15 ans (non finis et non publiés). Durant l'hiver 2015-2016, j'ai voyagé pendant trois mois en Inde, et là-bas j'ai écrit trois cents pages en trois semaines. C'est sorti comme ça sans que je n'y pense. Pour le moment je les laisse reposer, car j'aimerai y revenir plus tard pour retravailler la forme.

Et de quoi parle ton livre « Art is the message »?
Et donc pour ce qui est du livre « Art is the message » sorti en fin d'année dernière, l'idée vient de mon projet du même nom : Art-isthemessage.com. Je travaille sur ce projet depuis 2012, mais je l'ai « concrétisé » (sur le papier en tout cas), l'été dernier. J'ai envoyé des centaines de demandes de financement, parrainage, etc. Et je voulais montrer un exemple de ce que ça pourrait être... Je me suis souvenue de mon voyage en Polynésie, des articles que j'avais écrits sur mon blogue, et je me suis dit que je pourrais en faire un livre.
 

Tu es quelqu’un qui voyage beaucoup! Est-ce que voyager est pour toi une source d’inspiration?
Je pense que voyager est mon premier intérêt dans la vie. Plus qu'une source d'inspiration, voyager est nécessaire pour que je reste créative. Quand je reste trop longtemps dans un même endroit, c'est comme si tout s'éteignait à l'intérieur de moi.

Quel est le voyage qui t'a le plus marqué?
Je dirai le Kenya. J'avais 14 ans, c'était un camp d'été, et c'était mon premier grand voyage (j'avais beaucoup voyagé dans les différentes régions de France et en Martinique). En fait ce voyage, avec le recul, je le considère comme une renaissance. J'étais dans une période un peu difficile, et d'être complètement dépaysée, de rencontrer des gens si éloignés de nous géographiquement et culturellement parlant, mais avec qui on partageait les mêmes envies, les mêmes blagues, les mêmes passions... Ç’a été vivifiant et je crois que c'est particulièrement après ce voyage que j'ai eu l'envie de découvrir le monde entier.

Quelle sera ta prochaine destination?
Au moment où je te réponds, je suis au Pérou. Ensuite je serai dans le sud de la France. Et après... tout dépendra d'où le vent me portera, mais pour le moment mes pas semblent se tourner vers l'Asie!

Tu es une artiste qui réussit à vivre de son art. Est-ce que c’est difficile de trouver l'équilibre entre la créatrice et l’entrepreneure?
Je trouve que oui, et particulièrement pour moi qui n'aime vraiment pas tout ce qui est gestion d'entreprise, prospect, se vendre, etc. Surtout que quand tu crées, tu sors juste ce qui est à l'intérieur de toi, tu ne te dis pas « il faut que je fasse ça pour que ça marche ». Or quand tu es entrepreneure, tu dois te dire « que pourrai-je faire pour que ça marche? ». Et avoir les deux visions, pour ma part, ça ne marche pas. C'est en partie pour ça que depuis août dernier j'ai un gérant, uniquement pour ma carrière en tant que photographe pour le moment. J'espère par la suite pouvoir remettre la gestion de mon activité entière dans ses mains!

En tant qu’artiste, est-ce que tu as des thèmes de prédilection?
Je me suis rendu compte que j'aimais tout. Enfin, c'est que tout m'intéresse. Tout et son contraire. Par exemple, au Pérou, je réalise un reportage sur des habitants d'un bidonville. Donc un milieu assez pauvre, etc. Prochainement, j'aimerai pouvoir en réaliser un dans un hôpital psychiatrique, puis dans le quotidien de célébrités fortunées. En fait, ce qui m'attire, et ce qui m'a toujours attiré, c'est l'humain, son fonctionnement, son quotidien, son intimité... et là au final, ça rejoint les études que je faisais.

À quoi ressemble ton espace de travail?
Je n'ai pas d'espace fixe. Ça va être la « rue » quand je photographie, puis pour tout ce qui est peinture, ou post-prod pour la photo et la vidéo, ça va être l'endroit où je me trouve à ce moment-là. À Montréal, cette dernière année, c'était ma chambre. Avant, c'était un atelier dans mon ancien appart. Encore avant, j'avais un atelier dans une cabane au fond du jardin de mes parents. Là, c'est la chambre où je suis logée au Pérou. Ça se résume donc à mon laptop, un disque dur externe, et un carnet de notes.
 

Quel regard portes-tu sur ton travail?
Récemment, je me suis dit qu'en fait, au cours de ces huit dernières années, j'ai appris à utiliser différents outils, sans autre destin final que la création en elle-même. Aujourd'hui, ayant cerné le message que je veux transmettre et surtout, la façon dont je veux le transmettre, je me rends compte qu'il y a un médium plus adapté qu'un autre selon ce que je veux dire. Du coup, c'est comme si j'avais été en formation pendant huit ans, mais sans le savoir et que maintenant, je peux enfin réaliser mon œuvre.

Quelle est ton œuvre qui te parle le plus? Et celle qui fait le plus réagir le monde?
Je pense qu'aujourd'hui, mon œuvre qui me parle le plus est ce que je suis en train de réaliser avec « Art is the message ». J'ai l'impression d'avoir trouvé le carrefour où toutes mes passions se croisent. J'espère que par la suite c'est celle qui touchera le plus de monde. Mais sinon, pour le moment, ce qui a le plus fait réagir de monde ce sont deux écrits : « Lettre ouverte au futur homme de ma vie » et « Tu te souviens quand mes cheveux n'étaient pas à la mode ».

Et pour terminer, c’est quoi les prochaines étapes pour Jessica Valoise?
Continuer à porter « Art is the message », concrétiser tout ça, et faire le tour du monde!
 

Vous pouvez suivre Jessica Valoise via son site web, Facebook et Instagram. Aussi, vous pouvez acheter son livre Art is the message sur Blurb.ca.
 

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