J'ai trouvé l'amour à Rouyn-Noranda, je l'ai ramenée à Montréal

Crédit photo: mathiasriquier J'ai trouvé l'amour à Rouyn-Noranda, je l'ai ramenée à Montréal

Quand on va si loin au nord du Québec, on ne sait pas trop à quoi s'attendre. La route est longue, les chances de frapper un animal sont multipliées (allô Carine et Vivien). Les paysages sont similaires et redondants: des lacs, des épinettes, des corbeaux. Ils n'en sont pas moins magnifiques. Arrivé à destination, après quelques étirements pour éviter les courbatures et faire passer les cheese-rondelle-d'oignon et autres crèmes molles, l'ennui fait place à l'énervement. Tout le monde est excité, la musique joue déjà sur la 7e, il y a foule au «centre-ville», le FME est commencé. On récupère nos passes, on check-in à notre hébergement et on se lance dans le tourbillon de spectacles et de breuvages.

Jeudi soir, Québec Redneck Bluegrass Project a joué un peu trop tôt. Le party aurait peut-être plus levé si le groupe avait suivi la troupe d'Olivier Langevin. Le leader de Galaxie et Marie-Pierre Arthur prenaient beaucoup de plaisir à se relancer sur scène. Le spectacle créé pour les francos sonne comme une tonne de brique. Allez savoir pourquoi, ils n'étaient que 10 sur scène. Fin de soirée chez Morasse, le craving de poutine était terrible. L'attente avait été longue!

Olivier Langevin et Marie-Pierre Arthur
Photo: Antoine Bordeleau

C'est vendredi qu'a eu lieu le coup de foudre. Je m'en voulais amèrement de ne pas avoir visité la ressourcerie Bernard Hamel l'an dernier. C'est une friperie séparée en deux assez grands locaux: un pour la vaisselle et les meubles et un autre pour tous les vêtements. Le paradis du hispter splitté en deux. Il suffisait de fouiller un minimum pour trouver des trésors. Je reviens quand même en ville avec un manteau Kanuk qui m'a coûté à peu près le prix d'un trio BigMac. Mais ce n'est pas là que j'ai croisé la précieuse. Juste après la prestation très rock des quatre bands qui forment La Colonie de Vacances (une expérience noise-360 degrés), j'ai décidé de visiter la boutique Aux vieux meubles. Elle était là, bien en vue, au centre de la place, accompagnée par ses 6 chaises et ses deux belles rallonges: la plus splendide/swell table en teck que j'aie vu. Nous étions venus en Yaris (p’tit char en japonais). À moins d'un miracle, il était impossible de rapatrier cette antiquité unique vers Montréal. 

Déchirés, nous avons dû céder, abandonner ce projet et nous nous sommes contentés de regarder des spectacles. KNLO avait fumé des grosses doses de tabac indien avant son show. Riff Tabaracci s'est endormi pendant Avec Pas d'Casque et à son réveil, tel un génie, il a commencé à chanter les paroles d'une des nouvelles pièces. À sa décharge, il nomme que cet album accompagne son lever et coucher depuis un mois. Les Goules ont fait lever les planches du Diable Rond. Yonathan Gat, le guitariste israélien et ses musiciens m'ont donné le goût de m'incruster dans une secte psychédélique-punk. Claude «fufu» Fulgeance et Flow m'ont fait danser jusqu'aux petites heures. J'en ai presque oublié le joyau vintage à côté duquel nous étions passés.

Yonatan Gat dans le sous-sol du Petit Théâtre
Photo : Antoine Bordeleau

Le dimanche, pour la dernière journée officielle du festival, nous avons été faire du canot et un tout petit peu de randonnée dans le Parc national d'Aiguebelle. Nous étions des adeptes de plein air hypocrites, des citadins en quête de matériel à instagrammer. À notre retour, un show surprise de Plants & Animals nous attendait. On a déjà vu pire comme divertissement post-sportif. Parmi les autres shows hors programmation, je me dois de souligner les performances de Les Deuxluxes au party piscine Bonsound et Keith Kouna acoustique au pub Chez Gibb's. Notre festival musical s'est terminé avec une prestation des Barr Brothers à l'Agora des Arts. S/O à la harpe.
 

 

C'est lundi que le vent a tourné. Sûrement grâce au karma et au fait que nous étions en train de faire du bénévolat, nous avons rencontré le père de Jenny, une des fondatrices du FME. Ce dernier était responsable de ramener de l'équipement de son à Montréal dans un immense camion (immense genre 20 pieds). Il y aurait potentiellement une place dans ledit camion. Espoir. Il fallait maintenant trouver le numéro de la boutique de meubles qui était bien entendu fermée en ce jour de fête du travail.

LinkedIn, Facebook et Claudine Gagné (employée émérite du FME et réseau social en elle-même) ont été de précieux alliés dans toute l'épopée. Alors que nous avions quitté la ville et parcouru 50 km en direction de Montréal, Fanny, la propriétaire de la boutique nous a contactés pour nous dire qu'elle pouvait se déplacer exceptionnellement. Demi-tour vers Rouyn. Retrait au guichet. Achat de la table. Démontage de la table. Tetris avec les chaises dans la Yaris. Donnage de becs et de poignées de mains par centaine. Retour à Montréal. Textos à des amis pour trouver un pickup et des bras. Donnage de becs et de poignées de mains par millier. Réussite!

Photo: Donavan Lauzon avec son iPhone dans sa cuisine

J'ai ramené une table danoise de Rouyn-Noranda. Je n'y crois pas encore. J'adore les petites villes où tout le monde se connaît et s'entraide. Je pense que c'est une force de la région. La table, ça pourrait être une métaphore du festival, parce qu'on sent vraiment que tout le monde du coin participe au FME. Y'a des posters partout, les commerces sont pleins pis y'a une armée de bénévoles pour aider. Dans ma tête, c'est un maudit bel endroit pour un faire la fête et profiter de la nature. Si vous voulez en jaser, j'ai une sibolac de belle table, vous viendrez souper!

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES