Naadei, la chanteuse montréalaise à la voix d'or [Girl Crush 092]

Crédit photo: Naadei Liones Naadei, la chanteuse montréalaise à la voix d'or [Girl Crush 092]
Je ne connaissais pas beaucoup Naadei avant la sortie de son tout récent vidéoclip Lisa (feat. 2 Chainz). J'ai été agréablement charmée par la qualité du clip, mais plus particulièrement par la chanson et par la magnifique voix veloutée et douce de Naadei Liones. Ça fait donc littéralement plus de 72h que j'écoute intensivement son EP de six pistes I'm Fine (une ode à quand ça ne va pas du tout) est disponible sur Soundcloud. Celui-ci réunis plusieurs producteurs de talent tel que GrandBudaHigh KlassifiedShaqartsRichie Beats et M!ndblown.

 

Naadei est une chanteuse/compositrice Montréalaise qui a prêté sa voix et a composé pour plusieurs artistes au Canada en France et aux États-Unis. Elle a travaillé notamment avec BoobaLiljon et elle a fait une tournée en Afrique et en Europe aux côtés de Wyclef Jean. Elle a écrit à Miami son premier projet solo dans un isolement total. Sa voix douce raconte ses 10 mois de solitude et d'introspection.

Terriblement conquis, j'ai décidé de poser quelques questions à Naadei pour en apprendre un peu plus sur elle, son cheminement et sa vision artistique.

Comment as-tu commencé à faire de la musique ?
Je trainais avec des musiciens, des producteurs, des writers. J'étais vraiment une studio rat. Quand quelqu'un avait besoin d’un backvocal on d’un refrain dans une session à 4 heures du matin, j'étais déjà là, trop stoked de finalement servir à quelque chose (rires). Je voulais gagner de l’expérience. À un moment, un de mes démos pourris est atterri dans les mains de Booba et il m’a demandé de venir en France pour travailler avec lui. À partir de là, j’ai commencé à prendre ça plus au sérieux, mais à mes yeux, je suis encore au commencement et même quelques années en retard.
 
Toi qui sembles avoir beaucoup voyagé, pourquoi revenir à Montréal ?
J’ai eu la chance de visiter différents pays grâce à la musique, mais Montréal c'est vraiment particulier. Je pense qu’on s’en rend seulement compte quand on a la chance de quitter la ville et d’y revenir. Quand j’entends les Montréalais chialer sur le fait que c’est donc petit ici, ou trop grand, qu’il fait froid ou qu'il fait trop chaud, ça me fait rire. J'ai souvent envie de leur dire d’aller voir ailleurs, parce que c'est quand même assez parfait Montréal. Y’a pas de guerre, y’a de l’eau potable, y’a pas de catastrophes naturelles et y’a de la poutine à 5$ !

 


Source : Instagram

Comment trouves-tu que Montréal se distingue, musicalement, sur la scène mondiale ?
Ces temps-ci, on est particulièrement en feu, mais quand on cherche un peu, on a toujours eu des artistes qui se distinguent bien. Si on pense à BranVan 3000, à Arcade Fire, même Leonard Cohen vient de Westmount ! Personnellement, je suis pas particulièrement attachée à la notion d’espace géographique. J'ai grandi à Rouyn-Noranda, mon père vient du Ghana et j’ai habité aux É.-U.. Je suis un peu hippie au sens ou je trouve qu’on habite tous sur la même planète et que les frontières sont inutiles et vieilles de milliers d’années. Avec l’internet, les gens en Inde écoutent du Drake, donc ça devient de plus en plus irrelevent. Mais quand je suis ailleurs et qu’on me demande d’où je viens, je réponds Montréal et les gens me disent « Nice! Do you know Atrak? Do you know Kaytra? Connais-tu Karim Ouellet?» Ça crée un sentiment d’appartenance.
   
Toi qui sembles avoir fait beaucoup de collaboration, est-ce qu'il y en a qui t'ont le plus marqué ?
Tous les gens avec qui je collabore me marquent. De l’ingénieur de studio qui a 10 000 heures d’expérience en vocal mixing, au bedroom producer qui a appris à faire des bangers tout seul sur fruityloops. Je suis starstrucked par tout le monde et par leur parcours. Je suis une éponge à chaque fois que je collabore. J’apprends toujours au moins une chose de chaque personne, c’est ce que j’aime le plus dans le privilège de faire de la musique.
 


Source : Instagram

Qui sont tes plus grand(e)s modèles d’inspiration ?
Sade Adu et Kurt Cobain. J’espère finir plus comme elle que comme lui par contre.
 
Puisque tu te moques gentiment des filles blanches, comment trouves-tu d'être une jeune auteure/compositrice femme de couleur ? Vois-tu des barrières ?
Puisque je suis 50% blanche et 50% noire, je peux me moquer des deux côtés de manière égale (rires). J’ai choisi de ne pas prendre ces choses-là trop au sérieux. Chacun ses batailles. Heureusement, il y'a des Kendrick Lamar et des Bernie Sanders qui font le hard work, mais moi, c’est pas mon calling. Dans LISA, je parle du phénomène d’appropriation culturelle de mon point de vue de personne métisse. Je voulais soulever la question sans imposer une réponse. Le phénomène existe. Est-ce que c'est négatif? Est-ce que c'est positif? Est-ce que c'est grave? Je pense que la réponse est différente pour chacun. Dans mon cas, je ne me sens ni discriminée en tant que femme ni en tant que noire dans mon quotidien ou dans la musique. Je suis peut-être un peu naïve, mais c'est un choix que j’ai fait de ne pas y porter attention. Je me considère juste comme une personne. Ceux qui me voient autrement, that’s on them. Me i'm just having a nice day.

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