Montréal est une ville où de nombreux artistes existent et participent à l’enrichissement de la vie culturelle. Que ce soit dans le domaine du cinéma, de la musique ou même des arts visuels, la ville jouit d’une belle visibilité. En art urbain notamment on se souvient qu’en 2014, trois murales réalisées dans le cadre du premier festival international d'art public MURAL de Montréal ont été classées parmi les 25 œuvres de street art marquantes de 2013 par le magazine américain Complex.

La réputation de Montréal en matière d’art urbain n’est donc plus à faire, mais qu’en est-il des autres artistes montréalais en arts visuels? Il est intéressant de mettre en lumière quelques artistes!

1. Matthew Belval
 

Claude Robinson
30 po x 40 po – Huile sur toile

Matthew Belval est un artiste originaire de Granby, mais qui vit à Montréal depuis quelques années. Il a étudié le dessin et la peinture avec Carolle Beaudry, artiste peintre de la municipalité de Saint-Paul-d'Abbottsford, dans la région des Cantons-de-l’Est. Il a aussi étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Varennes.

La particularité du travail de Matthew Belval se situe notamment dans la précision de ses portraits ; hyperréalistes et authentiques. Il travaille le pastel, l'huile et le fusain et réalise ses oeuvres sur des toiles grands formats. La figuration représente la majeure partie de sa création artistique, et ses sujets font partie de son quotidien : famille, amis et également les itinérants. D’après l’artiste, « l’être humain est une source d’inspiration intarissable, car il offre « juste assez » d’originalité ». L’artiste semble donc profondément humaniste et offre un regard sur l’itinérance. Ses tableaux ont une connotation sociale et ils brillent par leur sensibilité et par une beauté esthétique incontestable.

Il exposera en juin 2016 au Divan Orange. Il s’agit d’une exposition portant sur des musiciens de la scène montréalaise. Il sera possible de retrouver des portraits d’Olivier Belisle, Érik Evans, Julien Sagot, Lisa Leblanc, ou encore Joseph Edgar. L'artiste réalisera également une murale dans ce même bar. Visitez son site web pour voir ses autres œuvres.

2. Sandra Chevrier
 

La Cage avant qu'il ne soit trop tard - 15X60, 2014.
Originaire des Laurentides et Bachelière en Arts Visuels et Médiatique de l’UQAM, Sandra Chevrier est une artiste autodidacte qui vit et travaille à Montréal depuis quelques années. Elle expose son travail notamment au Canada, mais aussi en Californie, au Royaume-Uni, en Europe et en Asie. Sa série Les Cages Super héros a obtenu d’ailleurs un vif succès.

Côté influence, l’artiste confie être tombée en amour avec le travail d’Heidi Taillefer. « Cela m’a permis de m’intéresser à l’histoire de l’art. J’ai aussi tripé sur Dali pendant plusieurs années, c’est pour cela que j’aime déconstruire les images. Je suis inspirée par de nombreux artistes actuels, mais aussi par des instants de vie. » Ces inspirations à l’image de son travail sont « une valse entre le réel et l’imaginaire ».

Son processus de création s’effectue de manière quasi automatique, elle effectue d’abord un croquis au graphite, ensuite elle poursuit son œuvre à l’aquarelle, puis termine avec le collage. Elle joue ensuite avec les ombres et lumières.

Avec sa série Les Cages Super héros, son travail porte notamment sur l’idée que « la société nous demande constamment d’être dans la performance, de jouer finalement un rôle de super-héros. » L’importance de l’image, la “prison” mentale dans laquelle tout le monde peut avoir l’impression d’exister.

Dans ses œuvres, on note les regards d’une grande intensité. Sa manière de mettre en valeur les yeux est une sorte de signature : « Quand j’ai commencé à dessiner, je dessinais beaucoup les yeux! Je suis une collectionneuse d’images dans la vie, et ce qui m’inspire le plus ce sont souvent les regards, je vois la force, l’émotion, c’est cela qui me fait vibrer dans un portrait. C’est comme si on pouvait démystifier la personne à travers son regard. »

En 2016, l’artiste exposera une nouvelle fois à Hong Kong pour une exposition solo en Mars à la galerie Above Second. À Montréal, vous pouvez retrouver son travail notamment à la galerie C.O.A. et sur son site web sandrachevrier.com.

Par ailleurs, notre collègue Thimothee Oddo avait déjà mentionné son amour pour Sandra Chevrier dans un billet plus ancien.

3. Sébastien Gaudette
 


Rainbow, Peinture à l'aérosol sur mylar, 2015, 18x24 po. (53x43 cm)
Sébastien Gaudette vit et travaille à Montréal. Il a obtenu un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQÀM en 2015.

Son travail aborde principalement le froissement et le pliage du papier comme leitmotiv, poussant sa réflexion sur la transformation et l’illusion de l’image. « Le froissement est arrivé dans ma pratique artistique après un long parcours d’épuration. Au tout début, travaillant qu’avec la peinture acrylique, mes tableaux étaient très figuratifs. Ils étaient aussi très colorés, avec beaucoup de matière, ce qui leurs donnaient des compositions trop complexes. » Par la suite, le dessin est arrivé comme le médium capable de régler son problème avec la peinture. « Avec ces grands espaces blancs, les sujets commencèrent tranquillement à disparaitre pour laisser place au papier. Le blanc du papier finit un jour à prendre toute la place et c’est à ce moment-là que le froissement est apparu. Ça l’a été principalement mon leitmotiv durant mon Bac à l’UQÀM. »

Sébastien Gaudette utilise toutes sortes de médiums, que ce soit la peinture, la sculpture, la photographie. Il est aussi intéressé par les installations éphémères, réalisées notamment lors d’une résidence de création pour le projet Métamorphose au Studio 303.
 

Inconnu / Source
En étudiant la forme de chaque œuvre, réalisée à partir d’un froissement, notamment pour sa série intitulée Territoire instable, l’artiste parvient à mettre en évidence  la singularité de chaque réalisation. Les froissements donnent l’illusion de matière et proposent une texture. L’ajout de peinture aérosol permet de venir sublimer l’ensemble.

Au cours des dernières années, ses œuvres ont été sélectionnées pour plusieurs projets d’expositions individuelles dans différents établissements québécois, notamment au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire (2012), au Centre national d'exposition de Jonquière (2013), au Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup (2014), à la Galerie R3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (2014) ainsi qu’à la Chapelle historique du Bon-Pasteur de Montréal (2015). De plus, en 2012, son travail a été présenté lors d’une exposition solo à la galerie de l’École d’Art d’Ottawa.

Des projets pour 2016? L’artiste travaille présentement sur plusieurs projets dont une résidence artistique à Espace Cercle Carré, une installation à l’événement Chromatic ainsi que deux expositions; l’une au musée des beaux-arts de Sherbrooke et l’autre à la maison de la culture de Pointe-aux-Trembles à Montréal.

Il est actuellement représenté par la galerie Youn à Montréal et vous pouvez voir ses œuvres sur son site web.

4. Colas Eko

Inconnu / Colas Eko
Inconnu Colas Eko
Noir. Le travail de Colas Eko est un hommage, une étude infinie de cette couleur. Comme il le souligne lui-même, son travail exclut « toutes les autres couleurs laissant une place seulement à la puissance de l'obscurité. » Son histoire avec la peinture commence lorsqu’il étudie au Collège Lasalle de Montréal dans un programme d’art et design. Il continue par la suite des études dans le domaine artistique, avec notamment un certificat en arts plastiques à l’UQÀM et un baccalauréat qu’il prépare actuellement à l’université Concordia.

Il puise son inspiration dans le travail d’artistes amoureux de cette couleur dont Pierre Soulages, pour qui « la lumière vient du noir », Ad Reinhart, Kasimir Malevitch, mais aussi Pier Mondrian. Sa manière de travailler cette couleur s’exprime à travers une variété de pigments noirs qu’il mélange avec différentes sortes de médiums acryliques.

Une partie de son travail consiste à ne garder dans sa composition visuelle que les formes fondamentales à travers diverses directions, qu’elles soient verticales, horizontales, obliques. L’artiste croit aussi que la différence entre les pigments noirs est fortement perceptible.

Ses tableaux offrent une nouvelle manière de concevoir cette couleur, au-delà des maîtres déjà connus dans ce domaine. Colas Eko considère d’ailleurs qu’il existe une sorte « d’interactivité » avec le spectateur, notamment grâce à « la façon dont le noir absorbe différemment la lumière ». Selon lui, « le spectateur devient témoin de ces changements drastiques selon l'endroit où il se situe ».

Le travail constitué autour d’une seule et même couleur est intéressant, surtout lorsqu’il s’agit d’une couleur comme le noir, qui ne laisse pas de place à l’imprécision et qui est dotée d’une histoire particulière dans l’histoire de l’art. Colas Eko explique d’ailleurs son but : « Je veux briser les idées préconçues et négatives sur cette couleur. Je souhaite montrer que le noir peut être une couleur aussi belle que n’importe quelle autre. »

5. Edith Lebeau
 

Forget me not / Edith Lebeau
Edith Lebeau est une artiste canadienne qui vit sur la rive nord de Montréal. Passionnée par la peinture, elle passe beaucoup de temps à produire des œuvres dans son studio avec son « vilain chat nommé Jack ».

Ses œuvres, comme celles de Matthew Belval, sont hyperréalistes, à la différence qu’elle intègre dans ses peintures des éléments imaginaires et oniriques. Ses sujets sont pour la plupart des portraits, notamment de femmes au caractère fort auxquelles s'associent des éléments de la faune et de la flore.

« Je m’inspire de la culture populaire, de films, des vidéoclips, des contes de fées et de différentes mythologies. » Ses toiles ont quelque chose de magique. La personne qui observe l'œuvre est charmée par cette précision et par l’utilisation des couleurs desquelles se dégage une ambiance fantastique.

La plupart de ses modèles sont ses amis. L’artiste peint les gens qui l’inspirent et pour lesquels elle a de l’admiration. Elle choisit son modèle pour un projet particulier en fonction de l’expression ou de l'humeur qu’elle souhaite créer avec la peinture

Son travail a été exposé entre autres à Montréal, Berlin, Rome, Los Angeles, Las Vegas, San Francisco et New York. Allez jeter un œil à son site web edithlebeau.com.

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