2 minutes avec Aurélie Le Chevalier, chef d’équipe informatique chez Ubisoft

Crédit photo: Scyther5 2 minutes avec Aurélie Le Chevalier, chef d’équipe informatique chez Ubisoft

On le sait depuis plusieurs années, Montréal est un des joueurs les plus importants dans l’univers de la conception et de la création de jeux vidéo. Pensons notamment à Ubisoft Montréal, un des studios les plus importants au monde, comptant plus de 3 000 employés.

Fondé en 1997, le studio de Montréal visait initialement à développer des petits projets pour la société mère basée en France. Peu à peu, celui-ci a su gagner en importance en devenant responsable, entre autres, de la création et du développement de jeux s’inscrivant dans les séries Prince of PersiaFar Cry, Assassin’s Creed, Watch Dogs ainsi que plusieurs autres jeux.

Le secteur des technologies de l’information et de la communication, qui inclut également le domaine des jeux vidéo, est toujours en pleine expansion et continu d’être à la recherche de nouveaux joueurs pour se joindre à ses rangs. Mais qu’est-ce que ça prend pour se démarquer et travailler chez Ubisoft? Pour répondre à cette question, on s’est entretenus avec Aurélie Le Chevalier, chef d’équipe informatique chez Ubisoft.
 
Qu’est-ce qui t’a amené à travailler chez Ubisoft?
J’ai fait un BAC en informatique à McGill et dans ma dernière année, j’ai participé à un concours adressé aux étudiants et qui était organisé par Ubisoft. Je voulais absolument y participer et travailler dans le domaine des jeux vidéo. Les consignes du concours étaient simples : on avait deux à trois mois pour concevoir un jeu. Malheureusement, notre manque d’expérience et notre trop grande ambition de réalisation on fait en sorte qu’on a raté notre coup : à la fin des trois mois, notre démo ne fonctionnait pas. Heureusement pour moi, à la fin du concours, Ubisoft avait décidé de créer entièrement le jeu qui avait remporté la compétition, et offrait un stage, dans ses bureaux, avec des mentors, à tous les étudiants qui avaient participé au concours. Nous avons donc été 26 étudiants à travailler sur la création du jeu gagnant pendant 2 mois, durant l’été. Ce fut une superbe expérience!

Crédit : Siriwitp

Dans le cadre de ton programme à l’Université McGill, est-ce que tu as appris à concevoir des jeux vidéo?
On était plus orienté vers l’informatique, ce n’était donc pas un programme axé à 100 % sur les jeux vidéo. On pouvait quand même suivre quelques cours sur le sujet et on a quand même appris, durant nos cours, le fonctionnement de l’intelligence artificielle, des commandes et de la programmation.
 
Concrètement, quel est ton travail en tant que chef d’équipe?
On travaille présentement sur la bonification du jeu For Honor, sorti en février 2017. C’est un jeu de combat médiéval en ligne. On essaie de sortir du nouveau contenu régulièrement pour nos joueurs afin de maintenir notre communauté. Je suis chef de l’équipe Game Mode, ce qui signifie qu’on travaille constamment à créer de nouveaux modes de jeu. Par exemple, c’est nous qui avons réalisé les événements spéciaux pour l’Halloween et Noël. En résumé, on s’occupe de faire des mini-jeux spéciaux et de créer du nouveau contenu. Mon rôle est de veiller à ce que les suivis nécessaires soient assurés par mon équipe. Je m’assure qu’on respecte les délais demandés et le niveau de conception. Ça demande beaucoup de communication, de coordination et une fine évaluation des tâches techniques à exécuter.
 

Crédit : Ubisoft

 
Quel a été ton parcours chez Ubisoft avant de travailler sur le projet For Honor?
Ça fait cinq ans et demi que je suis chez Ubisoft. J’ai commencé ma carrière en travaillant sur le jeu Rainbow Six, en tant que programmeuse en intelligence artificielle. Je n’ai pas travaillé sur ce projet longtemps, on m’a rapidement transféré dans la merveilleuse petite équipe qui travaillait au développement du jeu Child of Light. C’était une super équipe de gens très passionnés et qui avaient beaucoup d’expérience dans l’industrie. On leur avait donné carte blanche pour faire un projet qui leur plaisait. C’était un jeu très touchant et j’ai travaillé sur le projet pendant un an et quatre mois, en tant que programmeuse de l’interface utilisateur. Ensuite, j’ai passé trois mois sur le projet Shape Up, un jeu de remise en forme sur Kinect. Puis finalement, je me suis retrouvée dans l’équipe du jeu For Honor, toujours en tant que programmeuse.
 
Qu’est-ce que ça prend comme compétences et qualités pour travailler dans l’univers du jeu vidéo?
Ce qui est vraiment beau dans cette industrie, c’est qu’on a besoin de gens aux caractéristiques très différentes. On les regroupe en trois grandes catégories : artistique, design et programmation. À l’heure actuelle, il y a des besoins de main-d’œuvre à combler dans ces trois catégories. Par exemple, on a besoin de programmeurs et de développeurs en média interactif ou encore de concepteurs et de développeurs Web. Il y a de la place pour une grande diversité de personnalités et de façons de penser.
 

Crédit : Panama7

Qu’est-ce que ça prendrait pour travailler chez Ubisoft?
Je recommande de faire des gamejams. Ce sont des compétitions d’une durée de 48 heures, dont le but est de concevoir un jeu vidéo. C’est une super expérience et c’est très formateur. On a besoin d’ingénieurs, de programmeurs, des gens avec des profils très précis et d’autres possédant des connaissances transversales assez larges, etc. On a besoin de gens qui communiquent bien et qui savent travailler en équipe.

Lorsqu’on veut devenir programmeur, il faut aussi savoir travailler en équipe. C’est le métier le plus recherché par Ubisoft. On en a toujours besoin, que ce soit en intelligence artificielle ou en gameplay.
On a la chance, au Québec, de bénéficier de bons programmes de formation qui produisent des candidats de très grande qualité, c’est un grand avantage. D’ici 2027, on aura besoin d’engager pas loin de 1 000 personnes pour différents types de métier chez Ubisoft.
 
Quelle est la partie la plus « tripante » de ton travail?
La plus « tripante »? C’est difficile de faire un choix, car tout me fait « triper » dans mon travail! Chaque journée est unique et différente. Je dois avouer que le travail en équipe me motive beaucoup : atteindre un objectif commun, c’est vraiment gratifiant. Il y a un autre aspect aussi pas mal fun : on doit tester nos jeux. Tous les jours on joue et on teste nos créations. C’est aussi intéressant de voir nos autres collègues y jouer pour les tester et de recevoir leurs commentaires. C’est fort comme expérience.
 
Alors peu importe vos intérêts, vos passions ou vos traits de personnalité, il y aura certainement un emploi pour vous dans les prochaines années si vous souhaitez travailler dans le domaine des technologies.

Et des emplois dans ce domaine, il y en a plein!
 

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